Alea Jacta Est - Roman Civil Wars

Fantômas
Thématique
Conquêtes romaines, Guerres civiles romaines
18 octobre
2012
Info sur le jeu
PlateformePC
ÉditeurAGEOD
DéveloppeurAGEOD
Date de sortie22 septembre 2012

La Rome antique, un vaste programme que les éditeurs aiment adapter à toutes les sauces et que les joueurs apprécient particulièrement. Jeux d'actions, d'aventures ou de stratégie prenant place dans l'Empire le plus célèbre du monde sont légions, pour n'en citer que quelques-uns : Rome Total War, Age of Empires, Shadow of Rome…  A cette liste vient s'ajouter le dernier bébé d'AGEOD : Alea Jacta Est - Roman Civil Wars. AGEOD est à l'origine de nombreux wargames historiques sérieux comme Revolution under Siege ou Birth of America. Mettant souvent en avant l'aspect militaire, leurs jeux brillent par leur respect du contexte mais aussi par leur complexité. Qu'en est-il du dernier venu ?

« Alea jacta est » (le sort en est jeté), est la phrase que César aurait prononcé alors qu'il s'apprêtait à franchir le Rubicon, décidé à marcher sur Rome. Le jeu se base sur les guerres civiles et place donc le joueur dans la peau d'un des prétendants au pouvoir pour faire et défaire l'histoire. Batailles, révoltes, trahisons sont au programmes. AGEOD a-t-il réussi à reconstituer efficacement cette atmosphère si particulière des guerres civiles ? Nous allons vite le savoir...

Test de Alea Jacta Est  Test de Alea Jacta Est  Test de Alea Jacta Est

Roma caput mundi…

Une fois n'est pas  coutume, le titre d'AGEOD tourne presqu'essentiellement autour de ses campagnes mais dispose aussi d'un didacticiel. Ces campagnes sont au nombre de 5 : Marius contre Sulla, la grande guerre Mithridatique, César contre Pompée, l'année des quatre Empereurs et une dernière basée sur Septime Sévère. Comme vous pouvez le remarquer, le jeu se concentre majoritairement sur les guerres civiles romaines. Se basant sur un fond historique fidèle et précis, il n'en laisse pas moins le joueur maitre de ses décisions au sein de la faction de son choix. De quoi faire ou refaire l'histoire.

Une fois une campagne lancée, le joueur se retrouve tout droit propulsé plusieurs milliers d'années en arrière. L'Empire romain s'étend à perte de vue, Rome resplendit et les conflits aussi bien internes qu'externes se multiplient. A l'aide de ses armées, le joueur devra s'imposer et vaincre ses concurrents sur une carte représentant une partie de l'Europe, de l'Afrique du Nord, du Moyen-Orient et de l'Asie mineure. Cette carte est divisée en provinces, comportant plusieurs villes. Ces villes possèdent des caractères différents : chaque province dispose d'une capitale et de ville(s) stratégique(s). Cependant, administrer et gérer cet empire ne demanderont pas beaucoup d'efforts, mais nous y reviendrons plus tard…

La dimension militaire est l'aspect primordial du titre, celui dont dépendra la victoire du joueur. Néanmoins, il pourra aussi gérer l'économie et la politique de son empire mais dans une interface épurée et aux choix très amoindris. En effet, dans la gestion de son empire, ses choix se limiteront à moderniser et urbaniser une région afin d'en tirer plus de profits à l'aide de « décisions », sortes de pouvoirs faisant varier les caractéristiques du territoire cible. Il pourra aussi tenter d'installer des marchands et établir des comptoirs dans certaines de ses villes pour augmenter ses revenus. En effet, les « décisions » mais aussi l'achat de troupes fraiches coutent des ressources. Ces dernières varient selon leur dépense et leur production (impôts, commerce, vente de prisonniers…). Sans argent, vous ne pourrez mobiliser de nouvelles troupes ou même prendre des « décisions ».

Du côté politique, il s'agira essentiellement de prendre des mesures pour remonter le moral de sa faction, accroitre la loyauté de ses provinces, éviter les révoltes, augmenter ses revenus ou influencer certaines personnes à agir à bon escient. Par exemple, dans la campagne des 4 Empereurs, si le joueur dirige le camp de Vespasien, il aura la possibilité d'influencer la mobilisation des légions de Mésie supérieure (Moesia Superior). Comme vous pouvez le noter, toutes les facettes de la gestion sont avant tout tournées pour appuyer la dimension militaire du titre.

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On fait la guerre avec des armes, on la remporte avec des hommes…

Venons-en à l'aspect principal du titre, celui militaire. L'un des défis d'AGEOD pour ce jeu était de recréer des combats en se basant sur les caractéristiques des mêlées d'antan. Le résultat est plutôt surprenant…

Rappelons d'abord que les unités sont réparties sous une hiérarchie précise, élément hérité des précédents opus. Une chaîne de commandement est présente et tous les officiers ne peuvent pas commander le même nombre de troupes. Chacun a ses propres caractéristiques qui peuvent faire varier les résultats des combats, aussi bien terrestres que navals.  Le joueur a sous ses ordres de nombreuses troupes d'infanterie, de cavalerie, de siège ou navales et avec celles-ci, il doit vaincre ses ennemis. Aux côtés de ses légions, le joueur pourra aligner des mercenaires et des troupes issues des royaumes « clients » à son empire : aux côtés des célèbres légionnaires pourront combattre des cavaliers sarmates ou des mercenaires germains. Chaque tour, le joueur peut déplacer un certain nombre de troupes dont il peut définir le comportement, ce qui peut apporter des modifications lors des combats.

Abordons maintenant le déroulement des combats. Quand deux armées se rencontrent, sur terre ou sur mer, un combat s'engage. Toutes les troupes ne sont pas engagées lors d'un combat, celui-ci peut donc durer plusieurs jours jusqu'à épuisement des réserves ou retrait d'une des deux forces. Les sièges quant à eux peuvent durer plusieurs tours et dès qu'une brèche est ouverte dans les défenses adverses, l'assaut peut être donné. Le comportement des troupes que j'ai évoqué plus haut prend ici tout son sens : une force au comportement agressif et à laquelle le joueur a  donné l'ordre de donner des assauts à répétitions lancera ses attaques dès que la plus petite brèche sera ouverte, tandis qu'une force qui adopte un comportement défensif et reçoit l'ordre de ne pas plier, tiendra jusqu'au dernier soldat ou jusqu'à ce que la panique dissolve les rangs.

Les résultats des combats ici dépendent de plusieurs facteurs tels que le moral des troupes, la météo ou le terrain. De ce côté, AGEOD fait un boulot remarquable, surtout lorsque l'on sait que ses précédentes productions portaient sur des conflits plus récents. Les modifications portées au système de résolution des combats pour s'adapter à un conflit antique sont plutôt réussies.

Le nombre de combattants est cohérent avec les combats de l'antiquité où tout au plus plusieurs dizaines de milliers d'hommes combattaient. Mais il est très étrange de voir qu'une force en sous nombre, subissant d'énormes pertes, parviennent à remporter une brillante victoire sur une force qui lui est en tout point supérieure ! Voilà qui fait grandement penser à un certain film où 300 spartiates tiennent tête à des dizaines de milliers de Perses ! Les résultats des batailles peuvent gêner au début, mais finalement on peut  les trouver conforme à ceux des batailles antiques. Par exemple, lors de ma campagne « César vs Pompée », une de mes armées de 10 000 hommes a affronté à Burdigala 6000 soldats ennemis. La bataille me couta 1107 hommes mais j'infligeai à l'ennemi 1300 pertes. Par ma supériorité numérique et un nombre de pertes moins élevé que celui de mon ennemi, on pourrait croire que la bataille fut un succès pour mon camp. Et bien non, ce fut une défaite.

Le nombre ne fait pas tout, une bonne cohésion, un bon commandement et un bon moral peuvent souvent permettre à des forces moindres de l'emporter sur un ennemi plus puissant. Il n'y a qu'à se rappeler de la bataille de Zama ou de Marathon pour s'en convaincre. Mais cela peut toutefois s'avérer gênant lorsque l'on voit l'intégralité de son plan d'attaque tomber à l'eau à cause d'une bataille que l'on pensait aisément remporter.

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Et l'histoire dans tout ça ?

Abordons l'aspect historique. Le jeu mettant en scène certaines guerres civiles, on a le droit à un rappel du contexte au début de la campagne choisie. Ce rappel est plutôt précis et indique au joueur ce qu'il l'attend. Chaque campagne est restreinte dans le temps afin de correspondre à ses limites chronologiques. Cela permet de renforcer le respect historique. Néanmoins, le joueur étant libre de choisir sa faction, il pourra à sa guise faire ou refaire l'histoire !

Au niveau des événements « in game », le contexte géopolitique est respecté. Par exemple, lors de la campagne des quatre Empereurs, si le joueur dirige le camp de Vespasien, il devra mater la révolte en Judée.

Les unités aussi respectent la chronologie des événements. L'apparence des troupes change en fonction du temps : ainsi, en fonction de la campagne jouée, le légionnaire au bouclier ovale de l'époque césarienne laissera place à son homologue impérial au bouclier rectangulaire. Des supplétifs pourront venir combler les rangs des armées. Il est donc possible de voir évoluer aux côtés des légionnaires des soldats et cavaliers germains.

Notons aussi le respect apporté par les développeurs à mettre en scène les personnages fatidiques des différentes campagnes. Certaines de vos armées pourront donc être menées par Vespasien ou même Marc-Antoine selon la campagne choisie ! Du côté historique donc, AGEOD n'a rien à se reprocher.

Cependant, le jeu n'est pas exempt de défaut. Il  semble être l'opus le plus facile d'AGEOD. Se concentrant majoritairement sur l'aspect militaire, il ne laisse pas beaucoup de choix au joueur. Pour l'emporter, les armes sont primordiales. En se consacrant uniquement à cet aspect, la masse d'informations que l'on pouvait trouver dans Pride of Nation se trouve ici bien réduite. Cela impactera sur les  vétérans d'AGEOD habitués à la complexité de certains titres mais ravira tous les novices. Le jeu n'en reste pas moins réaliste.

Un dernier point à noter : le titre se concentre sur les guerres civiles romaines et que fus-je surpris de ne pas trouver la guerre opposant Octave et Marc-Antoine ! Celle-ci aurait dû bénéficier d'une campagne lui étant consacrée, cette guerre mettant fin à une longue instabilité au pouvoir et marquant le début de l'Empire romain et du règne d'Auguste.

Alea Jacta Est, dernier né d'AGEOD, ne réinvente pas la poudre. Reprenant le gameplay de ses prédécesseurs, il entame un changement d'époque. Abordant des conflits plutôt récents dans les précédant titres, l'équipe d'AGEOD fait ici un boulot remarquable en parvenant à restituer les combats antiques.

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8.0
Alea Jacta Est - Roman Civil Wars

Le sort en est jeté
Alea Jacta Est est donc un bon jeu, qui ravira les adeptes inconditionnels des jeux d'AGEOD et surtout les novices en la matière. Moins complexe que ses prédécesseurs, le jeu se montre plus accessible mais reste néanmoins addictif !
Intérêt historique :
  • +Changement d’époque réussi
  • +5 campagnes plutôt longues
  • +Véracité historique
  • +Facile pour les novices
  • -La facilité peut aller à l’encontre de certains joueurs vétérans
  • -Interface toujours austère

  • Lyrik Le Vétéran, Testeur, Historien
  • "I'm ashamed of you, dodging that way. They couldn't hit an elephant at this distance" Major général John Sedgwick avant d'être mortellement frappé par une balle sudiste...