Tannenberg, la digne suite de Verdun

Petit Belge
Thématique
Première Guerre mondiale
5 décembre
2017
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • Mac OS X
  • Linux
  • PlayStation 4
  • Xbox One
ÉditeurBlackMill Games, M2H
DéveloppeurBlackMill Games, M2H
Date de sortie

Après avoir pataugé dans la boue de l’immense dédalle de tranchées qu’était Verdun, les développeurs de M2H et Blackmill Games s’attaquent sur le trop souvent oublié front de l’Est avec ce premier standalone : Tannenberg.

Disponible en accès anticipé sur Steam depuis le 16 novembre 2017 et du haut de ses 17,99 euros, ce nouveau titre vaut-il autant que son illustre prédécesseur ?

Des bases excellentes

Qu’on se le dise, il fallait toute la bonne foi du monde pour jouer à l’accès anticipé de Verdun. Heureusement, les développeurs ont appris de leurs erreurs passées. De ce fait, à ce stade de développement, le jeu est déjà stable, tout comme les serveurs et les bugs se font rares.

Par ailleurs, il s’agit bel et bien d’un standalone. Les joueurs de Verdun y retrouveront vite leurs repères : système d’escouade, mécaniques de gameplay, graphismes, ordres, etc. Toutefois, Tannenberg n’est pas une pâle copie de son grand frère.

Bien que beaucoup de points restent inchangés, -outre les améliorations de ceux-ci, comme par exemple les effets de lumière qui sont, il faut l’admettre, sublimes – le cœur du jeu est quant à lui modifié.

Plus question de tenir son bout de tranchée contre les vagues ennemies pour ensuite inverser les rôles. Ici, fidèle à la réalité, les parties seront « ouvertes ». Ce sera une guerre de mouvement, l’ennemi peut venir de partout et il faudra éviter de rester statique telle une cible.

Désormais, contrairement à Verdun, les cartes sont immenses, découpées en secteurs qu’il faudra capturer, un peu à la manière d’un Battlefield. Et chose intéressante, chaque secteur a une particularité, l’un fournira des munitions, l’autre de l’artillerie lourde ou d’autres encore rapporteront plus de points pour user les tickets ennemis.

Pour gagner dans ce nouvel opus, le but sera de réduire les tickets ennemis. Comment ? Tout simplement en les capturant, ils rapporteront un certain nombre de points tout en infligeant une pénalité à l’adversaire tant qu’il sera sous votre contrôle. Cela donne une dimension un peu plus tactique tout en assurant plus de liberté. Il faudra choisir où attaquer, où défendre, les équipes n’étant plus condamnées aux attaques frontales.

Pour donner un ordre d’idée sur la taille des cartes de Tannenberg, celles-ci sont deux fois plus grandes que la plus grande carte de Verdun, la dénommée Picardie. Alors on pourra légitimement craindre que les parties seront molles, sauf que ce serait négliger un point important, les parties s’effectuant à présent en 32 contre 32 joueurs, contre précédemment 16 versus 16.

Verdun étant par moment mou, j’entends déjà les craintes sur la vivacité du jeu. Pas de panique toutefois, il y a même plus d’action que Verdun malgré ces cartes somme toute immenses.

D’ailleurs, pour être sûr de ne pas s’ennuyer, des bots comblent littéralement les places libres fautes de joueurs. Certes, leur intelligence est pour le moment comparable à une brique mais au moins, ils ont le mérite d’être là, de bouger, de tirer, etc. De mettre l’ambiance en d’autres termes.

Preview de Tannenberg  Preview de Tannenberg  Preview de Tannenberg  Preview de Tannenberg

Des cartes champêtres

Marre du paysage lunaire et de déambuler dans le labyrinthe des tranchées de Verdun ? Tant mieux, car dans Tannenberg on combattra dans des plaines, des collines, des villages ainsi que des espaces ouverts qui, cette fois, ne seront pas labourés par les obus au point d’en devenir un vulgaire morceau de gruyère. Entre ces deux extrêmes, il y a des années lumières de différences. La transition est phénoménale. Pourtant les développeurs ont également bien réussi ce dit point.

Comme dit plus haut, les cartes sont très grandes et divisées en secteurs. C’est donc une petite région qui est représentée. De ce fait, sur la même carte, il est possible de passer d’une forêt à un village tout en dévalant la pente d’une colline verdoyante. Ça peut paraitre idiot, mais c’est déjà, d’une part, bien plus beau que Verdun, et d’autre part, ça permet de rendre les parties moins monotones et en même temps plus amusantes.

Heureusement, ils ne se sont pas arrêtés en si bon chemin, une météo dynamique fait également son apparition. Certes il s’agit là d’un système mainte fois utilisé dans le jeu vidéo, cependant, il permet d’allonger la durée de vie du jeu et aussi de rendre le jeu plus corsé. Se battre durant une nuit enneigée dans un épais brouillard est bien plus impressionnant que sous un grand soleil. On aura sincèrement l’impression de jouer sur une nouvelle carte. En somme, un moyen efficace des développeurs d’augmenter l’intérêt de leur jeu à moindre difficulté.

Chaque carte étant détaillées avec soin, le monde dans lequel les batailles s’enchainent est plausible et réaliste. Grosso modo, Tannenberg, par ses environnements, immerge autant le joueur que Verdun. Que dis-je ? Plus même !

Preview de Tannenberg  Preview de Tannenberg  Preview de Tannenberg  Preview de Tannenberg

Un cadre original

On connait tous les tranchées du front Ouest de la Première Guerre mondiale, mais combien connaissent le front de l’Est ? Souvent oublié malgré son importance, M2H et Blackmill Games ont décidé d’en faire un jeu. C’est déjà une excellente idée en soi, car elle permet de faire découvrir cette partie méconnue de la guerre d’une façon plus attractive.

Ainsi, les 4 champs de bataille présents actuellement se déroulent en Prusse orientale, en Pologne, en Galicie et dans les Carpates, le tout accompagné de petits textes explicatifs pendant les temps de chargement comme le précèdent opus.

Quant aux uniformes, ils sont toujours aussi bien modélisés, avec un niveau de détails très appréciable. Sur ce point rien à redire, le travail de recherche est excellent. Ajoutons à cela que les uniformes russes et austro-hongrois étant peu connus du grand public, c’est agréable d’en voir si fidèlement reproduits.

Par ailleurs, l’évolution des escouades reste inchangée, donc les uniformes se modifieront au fil de la progression du joueur. Les fans d’uniformologie seront ravis de cet important détail.

La fidélité de la reproduction est également valable pour les armes, qui, outre celles de la faction allemande qui ne changent d’aucune façon par rapport à Verdun, est d’autant plus intéressante qu’on voit des armes austro-hongroises totalement inconnues pour le commun des mortels. En plus, bien entendu, des armes russes qui pour certaines d’entre elles sont légendaires, comme le célèbre Mosin- Nagant et même la mythique Winchester M1915.

Toutefois, deux gros changements ont fait leur apparition. D’un côté le son, qui sonne beaucoup moins airsoft et semble bien plus proche de la réalité (il reste quand même du travail là-dessus). Et de l’autre, il n’y a plus de classe de mitrailleurs. Maintenant, les mitrailleuses lourdes sont fixes, n’importe qui pouvant les utiliser. Il faut dire que le front de l’Est ne se prête guère à déplacer continuellement une quelconque Maxime d’un bout à l’autre de la bataille.

Preview de Tannenberg  Preview de Tannenberg  Preview de Tannenberg  Preview de Tannenberg

Des cheveux dans la soupe

Malgré une qualité agréable, Tannenberg a son lot de défauts, plus ou moins handicapants, inhérents à tous jeux. Tout d’abord, à cause de la taille des cartes, il faudra parfois marcher longtemps avant de retourner sur les zones sensibles. Or, courir comme un dératé pendant 5 minutes avant de se faire abattre d’on ne sait où sans même avoir tiré ne serait-ce un coup de feu est extrêmement frustrant. Enchainer cette désagréable expérience fera « ragequit » le plus patient des joueurs. Reste à voir comment l’équipe de développement va résoudre ce petit souci pour offrir un jeu sans ce désagrément.

Autre point énervant, l’artillerie fait son retour en force. Chaque officier peut demander une frappe de mortier. Le souci étant que la prochaine salve sera de nouveau disponible dans deux minutes. Ajoutez à cela qu’il y a de l’artillerie lourde et pour accompagner ce joyeux concert, les grenades fusent à foison. Bien que les cartes soient grandes, les positions sont très rapidement saturées d’explosifs en tout genre.

Pour finir, un petit manque de contenu vient ternir un peu plus cette Early Access pourtant excellente. Les cartes, incontestablement re-jouables de nombreuses fois, sont au nombre ridicule de quatre. On ne peut qu’applaudir leurs conceptions impeccables. Cependant, on en aura vite fait le tour, malgré la météo changeante.

C’est pareil pour l’armement, il n’y a, au final, pas grand-chose à se mettre sous la dent. D’une classe à l’autre, les armes seront souvent les mêmes.

Petite précision, les gaz sont prévus et ils sont même présents dans l’inventaire du jeu, mais leur utilisation est actuellement impossible. Pour vous consoler, dites-vous que de superbes sabres sont présents pour la mêlée, si toutefois vous courrez assez vite...

Il faut toutefois relativiser ce dernier point. N’oublions pas que ce jeu se trouve encore en accès anticipé et n’est disponible que depuis la mi-novembre. Compte tenu du travail fourni pour Verdun, on ne peut qu’être optimiste sur l’avenir de Tannenberg.

A+
Tannenberg

Malgré ses deux ou trois petits défauts, Tannenberg reste un standalone excellent. Ce jeu reprend tous les bons points de son grand frère sans tomber dans le regrettable piège du copier/coller. Des cartes ouvertes, des graphismes peaufinés, un nouveau gameplay, des batailles plus épiques, un front inconnu ainsi que des menues améliorations un peu partout contribuent à dépasser la référence qu’a pu être son prédécesseur. En d’autre terme, si vous avez aimé Verdun, alors vous allez adorer Tannenberg. Ce dernier est beaucoup plus dynamique et promet un plus grand avenir malgré son statut de standalone.
Intérêt historique :Tannenberg permet de voir une partie de l’Histoire trop souvent négligée. Pouvoir se battre dans ces champs de bataille après avoir reçu un petit résumé historique pendant le temps de chargement est tout simplement sympathique. D’autre part, les uniformes et les armes sont reproduits avec soin et en détails. L’évolution des uniformes au cours de la progression est un plus non-négligeable. Malgré un petit manque, probablement temporaire, dans les armes et les escouades (une escouade par faction, sauf la faction russe, qui en a deux), Tannenberg est un bon moyen d’introduire ce front.
  • +Des cartes ouvertes
  • +Un cadre inédit
  • +Un jeu qui arrive à se renouveler tout gardant les bonnes bases
  • +Uniformes et armes biens reproduits
  • +Objectifs « à thème »
  • +64 joueurs
  • +Très peu de bugs pour une Early Access
  • -Artillerie trop présente
  • -Frustrant par moment
  • -Une IA toujours aussi nulle
  • -Seulement 4 cartes pour le moment
  • -Distance un peu grande
  • -Progression difficile

  • Matthieu Mancuso Chroniqueur, Historien
  • "Si vous traversez l’enfer, continuez d’avancer." Winston Churchill
  • "Résiste et mords !", devise des Chasseurs ardennais de l'armée belge