Dunkerque : interview fleuve de Nolan dans le magazine Première

Roi d'Albanie
2 mars
2017
Dunkerque : interview fleuve de Nolan dans le magazine Première

Pour les abonnés ou les habitués, la chose n’est sans doute pas passée inaperçue. En kiosque depuis le 1er mars, le numéro 476 du magazine Première consacre sa Une ainsi qu’une dizaine de pages au prochain long métrage du réalisateur britano-américain consacré à l’opération Dynamo.

On y apprend pas mal de choses intéressantes et découvre également plusieurs images exclusives du tournage. Tout d’abord, l’histoire de Dunkerque se concentrera sur la trajectoire personnelle d’une poignée de soldats britanniques pris au piège sur les plages, attendant l’évacuation dans l’appréhension et la frustration. Le film traitera donc principalement de l’attente oppressante sur la plage et de l’évacuation en elle-même. Dans ce contexte, inutile d’espérer un focus trop important sur les troupes françaises se battant à la périphérie de la ville pour retenir les Allemands, et ce en dépit du rôle majeur qu’elles ont jouées durant cette bataille.

Non, vraiment, ne vous faites aucune illusion : dans l’interview, l’armée française n’est pas évoquée une seule fois. Dunkirk traitera donc de l’évacuation des britanniques, sur les plages et son ambiance intimiste, liée à la progression de ses personnages, fera que le film se concentrera sur leur univers proche, sans trop se déplacer jusqu’aux faubourgs de la ville où se battent les Français. Au mieux pouvons-nous espérer quelques plans présentant l’armée française, mais inutile de s’attendre à davantage.

Pour autant, Nolan précise que Dunkerque sera fidèle à l’Histoire. L’angle choisi par le réalisateur risque en effet de minimiser la présence de l’armée française à l’écran, mais on peut tout de même s’attendre à quelque chose de plutôt authentique. Un moindre mal.

Par ailleurs, Nolan nous promet aussi un film à l’atmosphère immersive, tant sur le plan sonore que visuel. L’expérience sensitive de ce Dunkirk annonce donc un film personnel et marquant, à l’ambiance davantage intime que spectaculaire, même si quelques scènes de batailles devraient être de la partie. On devrait donc en prendre plein les mirettes, mais pas pour les mêmes raisons qu’un film comme « Il faut sauver le Soldat Ryan » selon les dires du réalisateur. Dunkerque ne sera donc pas « holywoodien » au sens spectaculaire et classique du terme.

Enfin, Nolan semble plutôt bien avoir saisi la frustration et le cauchemar que représente Dunkerque dans la psyché des britanniques, mais encore une fois, l’absence quasi-totale de traitement de la question du point de vue français est à déplorer. Malgré cela, le film présente un autre avantage majeur puisqu’il offrira des points de vues de protagonistes sur terre, dans les airs, et sur la mer, balayant par là un spectre relativement complet de la partie « évacuation sur les plages » de l’opération.

Ainsi donc, ce Dunkirk s’annonce au final prometteur, mais nul doute qu’il aurait pu l’être davantage en rendant un hommage mérité aux soldats français qui se sont battus pour protéger la retraite des Tommies dont nous pourrons découvrir l’histoire le 19 juillet dans nos cinémas.