Critique de Surcouf, titan des mers

Par Da Veenci

Info sur le livre
Titre originalSurcouf, titan des mers
AuteurMichel Hérubel
ÉditeurPerrin
GenreBiographie
Sortie26 mai 2005
Nombre de pages286
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Au-delà des côtes bretonnes, la mer. Au-delà de la mer, l'Inde. Au-delà de la longue vue de Surcouf, le Kent. Bateau de la Compagnie des Indes, 1200 tonneaux, 40 canons et un détachement de Royal Fusiliers Marins. Mais rien n'arrête un Titan. Encore moins quand celui-ci comporte autant de richesses que le Capitaine Rivington, son commandant, possède d'arrogance. L'Anglais tenta d'éliminer le frêle esquif français au canon, spectacle pour Ladies oblige. Mais le corsaire, fin navigateur exécute de savantes manœuvres pour conjurer sa perte. De plus, son pont est tellement bas que les boulets passent au-dessus des 130 marins qui composent l'équipage de la Confiance. Nom fort en accord avec l'esprit de ses hôtes, de vrais frères de la Côte. Peu après, ce sera l'abordage. Pour la suite, ce sera à la légende que vous devrez demander le récit de ce combat homérique... Entre vents et marées, cordes et grenades, business et rapines, cette biographie de Surcouf, trouvée aux abords de la bataille de Wavre (ou plutôt de sa reconstitution) nous livre un condensé d'action, mais surtout, de Gloire...

Frénésie guerrière

Le jeune Surcouf est un malouin au caractère bien trempé, pour ceux qui en douteraient encore. À 13 ans, il est mousse, non pas parce qu'il n'avait pas d'autres choix mais bien parce qu'il déteste l'école. Après s'être enfui du collège religieux où ses parents l'avaient mis, tout en ayant mordu un professeur, il fait part de son envie de prendre la mer. Les parents qui aiment beaucoup leur petit trublion lui permettent de monter sur le Héron, cabotteur aimable (1786).

En 1789, l'année de la Bastille, notre moussaillon mouille ses petons sur les plages de Pondichéry. C'est durant cette traversée que le lieutenant de St-Pol l'initie au métier. Après un retour au pays, il repart peu après pour l'Océan Indien et en 1795, commence la guerre de courses. Le Tigre du Golfe du Bengale commence à errer derrière ses proies britanniques. Sur les pas de Suffren, il taille dans les effectifs albionais. Tel un Napoléon maritime, il sépare pour mieux gagner. Mais cela ne va pas sans péripéties ni sans abordages arrosés de grenades et de balles de mousquet.

Car le Robert est homme à la puissance physique impressionnante, qualité qu'il gardera sa vie durant, malgré son déclin de santé. Il est également un grand homme d'affaire, et ainsi, il saura s'entourer pour on serait tentés de dire, mieux régner, mais bien pour mieux gagner (de l'argent). Homme de cœur, passionné mais raisonnable, il sait qu'une étoile veille sur lui. Il ne la forcera jamais. Ce livre est particulièrement épanche sur les combats mais il n'en reste pas moins bavard sur la partie, en définitive la plus importante en durée absolue, à terre de la vie de l'homme Surcouf. Ses rencontres avec Napoléon, ses soirées mondaines autant que ses goûts en tissus y sont contés avec volupté.

On aimera

La qualité de l'écriture. Sans tomber dans la facilité, le livre est excellent, surtout pour une première approche. Le ton est original, dynamique et l'abordage du Kent vous retiendra encore plus l'attention que Plus Belle La Vie. 269 pages de combats ça vaut son pesant de cacahuètes tout de même ! Les chapitres sont bien dosés (20) et bien découpés. Les passages aux sols (Ile de France, Saint-Malo, Paris etc) s'intercalent entre les phases de combat, qui sont d'une énergie incroyable. On notera le côté « grand public » du livre, même sans connaissances de navigation, il reste parfaitement lisible. La présence à la fin d'un mini-dico des termes repris dans le récit est un gros plus.

En conclusion

Un livre agréable, assez complet (cf bibliographie exaustive à la fin, recherches réalisées par l'auteur), j'ai également apprécié le fait que les dialogues soient tous authentiques. En effet, Hérubel a repris des passages entiers de journaux de bord ayant appartenus à l'équipage des différents navires du Titan. Le livre plaira au néophyte mais n'est pas assez poussé pour qui possède une passion pour le marin qui dépasse les simples bornes de l'admiration commune. Néanmoins, je pense vraiment que c'est un livre intéressant pour jeunes et moins jeunes, pour peu que l'on s'intéresse à l'Histoire, mais ce n'est pas un « must ».

À lire, à offrir, mais également, à approfondir !

  • Da Veenci Le Bernard de la Villardière, Ancien membre d'HistoriaGames
  • « Vivant, il a manqué le monde. Mort, il le possède » écrit Chateaubriand à propos de Napoléon.
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