Inferno, de Dan Brown

Orochti
9 juillet
2013
Info sur le livre
Titre originalInferno
AuteurDan Brown
ÉditeurÉditions Jean-Claude Lattès
GenreRoman
Sortie23 mai 2013
Nombre de pages565

Inferno, la dernière pépite de Dan Brown, est un thriller mélangeant le passé historique dans notre monde contemporain. C'est la suite directe du précédent livre Le Symbole Perdu, avec comme acteur principal notre très cher professeur d'Harvard, Robert Langdon.

L'histoire débute brusquement lorsque le héros principal, Robert Langdon se réveille en sursaut dans une chambre d'hôpital à Florence, en Italie. Il est confronté alors à sa plus terrible malédiction, l'amnésie. N'ayant aucun souvenir des jours précédents, le professeur se retrouve totalement perdu et apeuré lorsqu'on lui dévoile qu'il a été victime d'une tentative d'assassinat. Suite à cette révélation soudaine, le meurtrier revient pour terminer le travail directement dans l'hôpital. Grâce à l'aide du docteur Sienna Brooks, il réussit à s'enfuir. Il découvre dans ses affaires un mystérieux coffret avec un drôle de symbole... N'ayant aucune idée du contenu de ce dernier, le professeur va vite s'apercevoir que beaucoup de monde sont activement à leur recherche, lui et sa boite mystérieuse, dont son propre gouvernement. De l'autre coté, le gouvernement américain et l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) essaye de lutter contre une attaque bio-terroriste qui s'avère être une menace mondiale. Seul Robert Langdon est capable de sauver le monde en résolvant les énigmes qu'un fanatique de La Divine Comédie de Dante Alighieri a laissé derrière lui...

C'est dans un scénario assez classique pour Dan Brown que nous plongeons dans Inferno. Nous retrouvons Robert Langdon pris dans une spirale infernale, considéré comme le seul justicier capable de sauver le monde d'une menace toujours plus grande. Dans son aventure, il est une fois de plus accompagné par une femme assez jolie, dont on sent l'attirance mutuelle et dont son implication dans l'histoire est plus proche qu'on ne le pense. Il y a les gentils et les méchants qui le poursuivent, qui sont toujours de grosses organisations dont on ne sait s'ils veulent lui faire du mal ou au contraire l'aider. Enfin, nous avons un méchant, proche de la folie, qui ne parle que par énigme. Présenté comme cela, l'histoire a l'air assez simpliste, alors qu'en réalité, elle ne l'est pas nécessairement. Dan Brown arrive à créer un scénario complexe, et une aventure assez unique au final. Au fil des pages, nous apprenons toujours plus sur les personnages et sur les véritables intentions du terroriste, dans une histoire au rythme effréné.

L'oeuvre réussit à nous surprendre sur beaucoup de passage, avec notamment un twist tout à fait inattendu qui remet en question toutes les pages lues précédemment. De plus, les passionnés d'histoire suivront avec émerveillement cette balade à Florence, en redécouvrant des monuments et des œuvres historiques, complétées d'anecdotes historiques. Ceci dit, attention tout de même de ne pas tomber dans le piège de tout croire. Cela reste un roman de fiction, et Dan Brown nous a déjà prouvé dans le passé qu'il aimait parfois remanier l'histoire à sa manière.

Le gros intérêt de l'œuvre au-delà de son histoire est le questionnement sur l'humanité. Plus proche d'Anges et Démons plutôt que de Da Vinci Code, nous retrouvons le combat de la nature et la science. Le problème posé est celui de la surpopulation. C'est une menace bien réelle, prouvée scientifiquement qui montre qu'au rythme que la population mondiale s'accroît, la planète risque de « mourir » dans quelques années. Le livre commence avec une citation du grand poète et écrivain italien Dante Alighieri « Les endroits les plus sombres de l'enfer sont réservés aux indécis qui restent neutres en temps de crise morale ».

Pointant directement du doigt la société qui refuse de faire face à un problème d'enjeu mondiale, Dan Brown nous écrit la problématique d'Inferno. L'auteur pose beaucoup de question dont nous n'avons pas la réponse. Si nous pouvons tuer la moitié de la population pour sauver l'espèce humaine, le ferions-nous ? Ainsi, au fur et à mesure que nous avançons dans le récit, le lecteur se demande si le terroriste est finalement un véritable fou furieux, qui pense que la mort d'une partie de la population est vitale pour la survie de l'humanité, ou bien est-ce un homme qui a raison, et qui ne fait qu'agir, malgré l'incompréhension de tous. La société qui a préféré ignorer le problème se retrouvera dans l'enfer de Dante là où lui ira au Paradis de Dieu. C'est un livre qui fait réfléchir, beaucoup plus encore que les précédentes œuvres de Dan Brown. Nous retrouvons quelques questions religieuses, mais qui sont ici plus accrochées à la thématique historique. Il y a également le thème du mensonge et de la falsification qui est bien mis en avant, et bien orchestré, même si cela peut paraître un poil exagéré. La plus grande réussite de l'auteur est d'avoir réalisé un parallélisme entre l'aventure de Robert Langdon et l'Inferno de Dante. Il y a énormément de clin d'œil visible, et un véritable génie d'écriture. Nous ne pouvons qu'être impressionnés par les détails et les liens créés par l'auteur pour donner cette histoire très intéressante.

Ceci dit, l'œuvre n'est pas parfaite pour autant. Le style d'écriture n'est pas incroyable, restant assez simpliste dans le fond. Les actions s'enchaînent très vite, avec les pensées des personnages, laissant finalement peu de place dans l'atmosphère. Nous suivons l'aventure de Robert Langdon de loin, en tant que spectateur. Nous nous ne sentons pas acteur de l'histoire, et en soit, c'est un peu dommage, surtout dans des passages dramatiques. Un autre défaut est celui des fuites faciles. Plusieurs fois, Robert et Sienna vont se retrouver pris au piège dans des musées, véritablement encerclés par l'armée. Mais, fort heureusement, Robert se rappelle que dans sa jeunesse, il avait découvert un passage secret qui leur permet de s'enfuir ! Cette pirouette fonctionne bien la première fois, mais pas au bout de la deuxième ou troisième fois. Enfin, cela reste du Dan Brown. C'est une histoire qui ne plaira pas à tous le monde, et ceux qui n'ont pas aimé les précédents livres, je doute qu'ils aimeront cette histoire là également.

En somme, pour peu que l'on aime l'auteur, Inferno est une œuvre assez incroyable, nous plongeant dans une grande aventure, mélangeant les problèmes mondiaux avec l'histoire, et particulièrement celle de Dante Alighieri. Le scénario est très bien pensé, avec de bon retournement de situation, une légère pointe d'humour et de romance. Beaucoup d'interrogation, avec peut-être une provocation de l'auteur pour répondre à ses questions et pour prendre parti sur « Une vérité qui dérange » pour paraphraser Al Gore, même si c'est une autre vérité.

Verdict

Inferno est une aventure typique de Dan Brown, mariant l’Histoire à son œuvre. En choisissant le thème de Dante et de la surpopulation, l’auteur propose une véritable histoire impressionnante et très plaisante. Nous suivons les personnages avec une certaine curiosité. Dans un même temps, l’auteur arrive à nous donner un mal-être naturel sur des questions auxquelles nous préférons fermer les yeux, et fuir au-delà des étoiles.

  • Orochti Le Chti templier, Ancien membre d'HistoriaGames
  • "Tu dois aimer la France, car la nature l'a faite belle, et son histoire grande." Ernest Lavisse
  • "Eureka !" Archimède