Combat des trente

Lebrun
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Période historique Moyen-âge
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Le Combat des Trente (détail), miniature de 1480 dans la Compillation de Le Baud
Le Combat des Trente (détail), miniature de 1480 dans la Compillation de Le Baud.

Ce combat eut lieu lors de la guerre de succession de Bretagne ou guerre des deux Jeanne (1341-1394), le 26 mars 1351 aux « chênes de la lande de Mi-Voie ».

Contexte

La guerre des deux Jeanne est une des guerres secondaires de la guerre de Cent ans. Tout commença lorsque Jean III duc de Bretagne mourrut sans laisser un quelconque héritier. Deux familles se sont alors affrontées pour obtenir le duché. Les Penthièvre étaient sous la direction de Jeanne de Penthièvre, mariée à Charles de Blois et nièce du défunt Duc. De l'autre côté se trouvait les Monfort sous l'égide de Jean de Monfort, demi-frère de Jean III et époux de Jeanne de Flandre.

Jeanne de Penthièvre s'estimant être la plus proche parente de feu Jean III et profitant du soutien de Charles de Blois, neveu du Roi Philippe VI de Valois, souhaitait hériter des droits sur le duché. Mais Edouard III, le roi d'Angleterre, ne voulant pas que la Bretagne tombe sous influence française, décida de soutenir Jean de Montfort. Celui-ci s'autoproclama Duc de Bretagne après avoir rapidement pris la cité de Nantes.

Survient donc une longue guerre durant laquelle le parti Blésiste et le parti Monfortiste avec le soutien des Anglais s'affrontèrent pour la domination des terres bretonnes.

Prémices

Josselin, château du Rohan (situé en actuel Morbihan) était possédé par Jean de Beaumanoir, partisan de Charles de Blois, alors que Ploërmel situé tout proche était aux mains de Robert de Bramborough dit Brembo.

Le gouverneur anglais de Ploërmel mena de nombreuses exactions contre les marchands et les paysans. Jean de Beaumanoir décida, pour faire cesser ces malheurs, de se présenter devant Bramborough. Face à lui, Beaumanoir dit : « Chevaliers d'Angleterre, je m'étonne fort que des hommes, vaillants comme vous l'êtes, fassent une guerre honteuse et cruelle, non pas aux gens qui portent les armes, mais aux mar­chands, aux laboureurs, aux hommes paisibles. Ce n'est pas coutume que les soldats soient employés à vexer et à ruiner le pauvre habitant qui sème le blé, qui nous procure le vin et qui nourrit le bestial » . Après plusieurs échanges verbaux Jean de Beaumanoir lança un duel aux Anglais qu'ils relevèrent sans hésiter. Ils décidèrent que celui-ci aurait lieu le 27 mars 1351 et que chacun des deux camps devait venir avec 30 de leurs meilleurs chevaliers.

Les Combattants

Les trente bretons Blésistes Les trente bretons Anglais
Le capitaine :
  • Jean de Beaumanoir
Le capitaine :
  • Robert Bramborough (appelé aussi Richard Bembro)
Les chevaliers :
  • Jean de Tinténiac
  • Guy de Rochefort
  • Even Charruel
  • Robin Raguenel
  • Huon de Saint-Yon
  • Caro de Bodégat
  • Ollivier Arrel
  • Jean Rousselet
  • Geoffroy du Bois
Les chevaliers :
  • Robert Knolles
  • Thomelin Billefort
  • Thomelin Walton
  • Hugues de Caverlé
  • Hervé Lexualen
  • Richard de la lande
Les écuyers :
  • Guillaume de Montauban
  • Alain de Tinténiac
  • Tristan de Pestivien
  • Alain de Keranrais
  • Ollivier de Keranrais
  • Louys Goyon
  • Olivier Fontenay
  • Huet Captus (dit Huguet Trapus ou Huet de Captus)
  • Geoffroy de la Roche
  • Geffroy Poulart
  • Guillaume de la Lande
  • Maurice de Tronguidy
  • Geslin de Tronguidy
  • Guyon du Pontblanc
  • Maurice du Parc
  • Geoffroy de Beaucorps
  • Geoffroy de Mellon
  • Jean de Serent
  • Olivier de Monteville
  • Guillaume de la Marche
  • Simon Richard
Les écuyers :
  • Richard Gaillard
  • Hugues Gaillard
  • Hucheton Clamaban
  • Repefort
  • Jennequin de Guennechamp
  • Hennequin Hérouard
  • Jannequin Le Maréchal
  • Boutet d’Aspremont
  • Croquart
  • Gaultier Lallemant
  • Bobinet Melipars
  • Jean Roussel
  • Ysannet
  • Dagorne
  • Hulbitée
  • Helcoq
  • Helichon Le Musart
  • Troussel
  • Robin Adès
  • Perrot de Gannelon
  • Guillemin le Gaillard
  • Raoul Prévot
  • Dardaine
  • Jean Plesanton

Déroulement

Comme prévu, les deux parties se retrouvèrent au lieu indiqué près d'un vieux chêne entre Ploërmel et  Josselin. Tous étaient présents armés d'épées, de lances, de poignards, de fauchons, de maillets, etc.. Ce duel n'avait aucunes règles - mis a part celle de la chevalerie - c'est-à-dire que les combattants allaient se battre de la manière qu'ils le souhaitaient : à pied, à cheval et avec les armes qu'ils désiraient.

Après avoir parlementé quelques instants, le combat commença. Et alors la fureur d'un corps à corps désordonné s'empara du champ de bataille sur lequel chacun se battait pour sa survie et pour la mort de son adversaire.  Après deux heures de combats acharné Jehan Rousselet et Geoffroy de Mellon, combattants pour Jean de Beaumanoir, étaient tués et 3 autres combattants bretons furent blessés et capturés. À ce moment, les deux parties se séparèrent chacun de leurs côtés pour se reposer. Les Bretons étaient désormais en infériorité numérique.

Suite à cette courte trêve, le combat reprit, tout aussi violemment que précédemment. Et dès le début Brembo attaqua le capitaine Jean de Beaumanoir. Il le blessa, le saisit au corps puis lui cria : « Rends-toi, je ne te tuerai pas ; mais je te donnerai à ma mie à qui je t'ai promis en présent ». Mais cela n'était pas sans compter le compagnon bretons Alain de Keranrais qui voyant cela, attaqua le capitaine anglais et d'un coup de lance transperça son heaume ainsi que son crâne. Un autre chevalier breton se rua alors sur lui, enfonça sa hache d'arme dans la poitrine. Le Capitaine anglais était mort. Les deux partis se séparèrent alors une nouvelle fois.

Dans le camp des Anglais c'est un Allemand dénommé Crokart qui prit la direction de la troupe et qui allait changer le cour du combat en demandant à ses compagnons de ne pas se séparer et de se tenir étroitement serrés pour combattre. Désormais c'est un combat régulier durant lequel la ligne des Anglais subit les attaques des chevaliers bretons. Ceux-ci après de multiples assauts n'arrivèrent pas à pénétrer la défense des Anglais. Subissant de nombreuses blessures, ils décidèrent d'attaquer le front et les extrémités de la ligne pour déstabiliser l'adversaire. Lors de cet assaut alors que Beaumamoir peinait à cause de ses blessures et se plaignait d'être assoiffé un de ses camarades lui dit ce qui restera comme la phrase de cette bataille : « Bois ton sang Beaumanoir, la soif te passera ». Cet assaut prit fin et, alors que les deux camps se séparaient pour se reposer, 4 chevaliers anglais gisaient morts sur le lieu des affrontements.

Crockart revint sur le champ de bataille avec la même technique mais cette fois-ci, il a demandé à ses extrémités de se recourber lorsqu'elles seront au contact pour éviter de se faire déborder. Le plan fonctionna à merveille et les chevaliers bretons n'arrivèrent pas à percer la défense adverse. Pour mettre fin au combat Guillaume de Montauban fit semblant de se replier et réussit à prendre son cheval. Il chargea alors la ligne anglaise et, en renversant et piétinant ses adversaires, il créa une percée. Les Bretons s'engouffrèrent dans la brèche, tuèrent 4 ou 5 Anglais et firent prisonniers les autres. Ce fut la fin du combat qui vit la victoire des Bretons.

Conclusion

Ce combat n'eut en soit même aucune répercussion sur la situation de l'époque puisque les Anglais n'arrêtèrent en rien leurs méfaits. Mais c'est un bon exemple de l'esprit chevaleresque de cette époque durant laquelle les combats et les batailles étaient choses communes.

Ce fut également un fait glorieux de l'Histoire de la Bretagne qui à cette époque était un duché subissant une grave guerre civile. Ils durent notamment affronter les Anglais sans réel soutien du Royaume de France.

  • LeBrun Ancien membre d'HistoriaGames
  • « Dans une guerre, ce qui se passe, ce n'est jamais ce qu'on avait prévu. Alors ce qui compte, c'est d'avoir le moral ! » de Marcel Bigeard