Guerre de Vendée

Kuusinen
Thématique
4 avril
2014
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Période historique Époque moderne
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Mars 1793, la Vendée militaire se soulève contre la Convention, c'est le début d'une guerre civile qui durera 9 mois.

Le soulèvement mars 1793

Le 20 avril 1792, la France déclare la guerre à l'étranger, mais la succession de défaite oblige la Convention à faire face à une invasion. Ainsi au cours du mois de mars 1793, la Convention lance une conscription dans le but de recruter 300 000 hommes. Mais les Vendéens se refusent à défendre la Convention. Ce refus trouve ses origines dans la politique menée par le nouveau système. En effet les Vendéens restent très attachés à leur liberté religieuse, et se refusent à abandonner leurs familles, leurs amis, leurs prêtres, devant le pouvoir abusif de l'État. Pour eux le choix devient très simple : soit ils partent servir la Convention ou bien ils résistent à cet État qu'ils jugent injuste.

L'insurrection est spontanée et en quelques jours la Vendée militaire rétablis l'ordre ancien sur son territoire. La population s'organise, elle se sépare en trois groupes, le premier groupe ayant pour rôle de s'occuper de l'agriculture, il est constitué de la partie non combattante de la population. Le second groupe et troisième groupe concerne toutes personnes pouvant porter une arme. Ils ont pour but la défense des communes ou de grossir les rangs de l'armée catholique et royal, formée le 7 août 1793. Cette même armée possède une structure bien définie. Ainsi elle est commandée par un état-major, composé d'un général en chef, d'un commandant en second, de généraux, de divisionnaires, etc.…

Cette capacité à s'organiser donnera à la Vendée militaire une capacité de résistance, qui la différencie de la révolte des Chouans ou bien de la révolte des Lyonnais.

La guerre civile mars-décembre 1793

Suite au soulèvement populaire, la population vendéenne se cherche des chefs, des personnes qui puissent les diriger. La population se tourne naturellement vers les nobles comme Charette, ou La Rochejacquelin... Tout d'abord réticent, ils acceptent de conduire ces hommes, sous la menace de la population. Car ils ne se font aucune illusion sur le sort d'une telle entreprise.

Mais les Vendéens manquent cruellement d'équipement. Ce sont les prises de guerres qui permettent à l'Armée catholique et royale de s'organiser, ainsi la prise de Saumur le 9 juin leur donne accès à 15 000 fusils et une cinquantaine de canons. En tout, cette armée compte jusqu'à 130 pièces d'artillerie.

Le 21 juin 1793, les Vendéens s'emparent sans difficulté d'Angers. Suite à ce succès Charette propose de s'emparer de la ville de Nantes. Mais le 29 juin, les Vendéens se retirent en constatant des pertes importantes dont la mort de Cathelineau. Cette victoire républicaine est un vrai tournant, les Vendéens possédaient un avantage sur des Bleus désorganisés et manquant de chefs, les Vendéens allaient de victoire en victoire repoussant les Bleus partout où ils avançaient. La défaite à Nantes eut des répercussions importantes sur le moral des troupes. La défaite vendéennes va aussi redessiner la conduite de la guerre. En effet, elle va équilibrer les forces en présence. Dès lors, chaque combat mené peut-être décisif, la fureur des combats est alors très intense. Au cours du mois de septembre 1793, l'arrivée de l'armée de Mayence, forte de 16 000 hommes, commandée par le général Kléber semble donner un avantage aux Bleus.

Le 19 septembre, a lieu le choc de Torfou, après cinq heures de combats, la bataille est une véritable déroute pour la Convention, et les Vendéens en sortent apparemment renforcés. Mais la réalité est tout autre car à partir de cette date, les généraux de la Vendée militaire décident de se battre séparément. Cette erreur stratégique en engendra d'autres, et cette succession d'erreurs mettent fin à la Vendée militaire, d'autant plus que les Vendéens perdent leurs principaux généraux comme l'Elbée, Lescure ou Bonchamps. De son côté l'armée républicaine utilise cette guerre pour se réorganiser et se dote de moyens militaires plus importants.

La défaite de Savenay

Le 17 octobre, les Vendéens et les Bleus se rencontrent à Cholet. La défaite des Vendéens est cuisante. Suite à la défaite de Cholet le dernier espoir de survie des Vendéens est Granville. Alors c'est l'exode pendant deux longs mois.

Granville, 14 novembre 1793, l'attaque sur la ville échoue, le dernier espoir est perdu. S'ensuit un long et pénible retour vers le pays. Jusqu'à l'hallali dans les bois et marais de Savenay.

La Vendée est définitivement battue dans les bois et les marais de Savenay le 23 décembre 1793. Comme l'explique le général Westermann dans son rapport à la Convention : « Il n'y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m'aviez donnés, j'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré des femmes qui au moins pour celles-ci n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé... Mes hussards ont tous à la queue de leurs chevaux des lambeaux d'étendards brigands. Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que, sur plusieurs endroits, ils font pyramides. On fusille sans cesse à Savenay car à chaque instant il arrive des brigands qui prétendent se rendre prisonniers. Kléber et Marceau ne sont pas là. Nous ne faisons pas de prisonniers, il faudrait leur donner le pain de la liberté et la pitié n'est pas révolutionnaire... »

Bibliographie

  • Grands mythes de l'histoire, p. 160 à 164 de Reynald Secher, édition la Nef.
  • Une famille de brigands en 1793, Marie de Saint-Hermine, éditons pays et terroirs.
  • KuusinenAncien membre d'HistoriaGames
  • "  À force de murmurer le nom du Roy, naîtront l'espoir du Roy, puis la nécessité du Roy, enfin la Royauté renaîtra." Talleyrand