Visite du musée des blindés, du musée de la cavalerie et du carrousel de Saumur

Roi d'Albanie
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28 juillet
2017

Ce week-end, Zog s’est rendu à Saumur à l’occasion du Carrousel. Il a pu en profiter pour assister au spectacle, mais également pour visiter le musée des blindés et le musée de la cavalerie. Reportage.

Le musée de la cavalerie

Situé près de la Place du Chardonnet, là où a lieu le traditionnel spectacle du Carrousel, le musée de la cavalerie de Saumur rend hommage à plusieurs siècles d’Histoire.

Capitale historique de la cavalerie française, la ville de Saumur reprend son histoire dans ce musée qui présente la progression des unités montés françaises de la fin du Moyen-Age jusqu’à nos jours en passant bien évidemment par leur âge d’or à l’époque du Premier Empire.

On remonte ainsi le temps en partant de la fin du Moyen Age, lorsqu’après avoir gagné la guerre de Cent Ans, la France se constitue et s’organise en un puissant Etat nation.

Le musée de la cavalerie  Le musée de la cavalerie

Durant cette longue guerre menée contre la couronne d’Angleterre, la chevalerie française s’est illustrée et a obtenu une solide réputation. Dès lors, les souverains successifs s’appuieront souvent sur la cavalerie durant leurs règnes.

Subissant des réformes et des modifications rationalisant et modernisant son efficacité, c’est toutefois sous le Premier Empire que la cavalerie connait son apogée.

Le musée de la cavalerie  Le musée de la cavalerie

Après cette période, son rôle sera profondément transformé et elle aura moins de missions de charge et de choc sur le champ de bataille, du fait de la modernisation et du perfectionnement des équipements militaires, avec notamment l’apparition de la mitrailleuse. La cavalerie deviendra alors la spécialiste de la manœuvre et de la reconnaissance.

De nos jours encore, le rôle de la cavalerie blindé est d’agir de façon mobile et de reconnaitre le terrain, même si avec le char d’assaut, l’arme blindée a retrouvé une certaine capacité à porter un choc à l’ennemi.

Le musée de la cavalerie

L’avis de Zog : Le musée de la cavalerie propose une très belle et très riche collection dotée de nombreuses pièces rares et originales. Il mérite le coup d’œil, surtout pour les 5 euros que coutent l’entrée. La scénographie y est en revanche très peu développée, même s’il apporte beaucoup sur le plan pédagogique.

Le musée des blindés

Le musée des blindés

Après avoir visité l’impressionnant Tank Museum de Bovington (lire le premier article et le second article) et le MM Park France de Strasbourg, Zog se rend à Saumur pour visiter LE temple des véhicules militaires historiques en France.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas été déçu. Saumur présente certainement la plus belle collection de véhicules militaires de France, devant le MM Park.

Avec des espaces thématiques dédiés aux Allemands, aux Alliés, à la France en 1940 ou encore au Pacte de Varsovie, le musée est compartimenté de façon cohérente et efficace.

Le musée des blindés  Le musée des blindés

Un espace dédié à la Première Guerre mondiale est également visitable, avec le Schneider et le Saint-Chamond fonctionnels qui ont défilés sur les Champs Elysées le 14 juillet 2017. Mais ce ne sont pas là les seules pièces d’exception dont dispose le musée des blindés.

En effet, l’impressionnante collection se poursuit avec des véhicules français de 1940 très rares comme le char B2 ou encore l’automitrailleuse blindée Panhard.

La pièce maitresse reste sans doute le seul Panzerkampfwagen VI Tigre II encore fonctionnel dans le monde. Ce monstre d’acier est tout simplement impressionnant.

Le musée des blindés

À noter également, une salle des moteurs bien fournie, de même que l’espace contemporain avec un Merkava et un char suisse (oui oui je vous jure !).

Les prises de guerre ramenées d’Irak après la guerre du Golfe de 1991 permettent également de voir des vieux véhicules soviétiques, ce qui est assez rare dans nos musées.

Le musée des blindés  Le musée des blindés

L’avis de Zog : Le musée des blindés de Saumur présente l’une des plus grandes et des plus impressionnantes collections au monde dans sa catégorie. Toutefois, comparé à son homologue britannique de Bovington, il pêche également de par son manque de scénographie.

Malgré tout, ses pièces rares et uniques méritent d’être vues, et le prix de l’entrée, 8,50 euros en plein tarif reste correct et abordable.

Attention toutefois à bien compter 5 euros supplémentaires si vous souhaitez prendre des photos, car les droits photos ne sont pas gratuits dans ce musée. Vous pourrez retrouver les miennes en lien à la fin de cet article.

Le spectacle du carrousel

Le spectacle du carrousel

Rareté, puisqu’il n’a lieu qu’une fois par an, le spectacle du Carrousel de Saumur propose sur quatre heures une succession de tableaux présentant l’Histoire de la cavalerie militaire française.

Créé en 1828 sous le règne de Charles X, il est encore de nos jours, lors de sa 168ème édition, un spectacle vivant et original mêlant des aspects équestres et militaires. D’une grande valeur historique, ce spectacle est une véritable vitrine d’exposition pour la cavalerie militaire de l’armée française, la replaçant entre ses origines équestres et sa forme actuelle blindée et mécanisée.

C’est d’ailleurs pour cette raison que le Carrousel s’ouvre sur la présentation des différentes unités de cavalerie de l’armée française, intronisée par la fanfare de l’Armée Blindée Cavalerie. Suivent alors les jeunes lieutenants, hauts en couleurs, qui s’adonnent à quelques jeux hippiques pour nous démontrer leur adresse au sabre.

Le musée des blindés  Le musée des blindés

Pour sa 168ème édition, le Carrousel a choisi de représenter les traditions en offrant à ses spectateurs un voyage dans le temps visant à remonter la lignée d’une famille française de cavaliers ayant pris part à tous les conflits du XXème siècle.

C’est donc le petit Gabriel qui, en découvrant les notes de son arrière-grand-père, nous fait plonger dans le temps et revient à l’époque de la Première Guerre mondiale où va s’ouvrir le tableau.

On y découvre le rôle de la cavalerie à cheval en début de conflit, dans l’impasse face à l’impossibilité d’exploiter la moindre percée. Elle est alors peu à peu remplacée par les chars.

Le spectacle du carrousel

Ce premier tableau nous montre un Schneider, puis un Saint Chamond fonctionnels, accompagnés par des soldats en uniformes d’époque. Ils sont suivis par un Renault FT 17 d’un régiment américain dont faisait partie un certain lieutenant-colonel Patton.

Artisans de la victoire de 1918, les chars défilent ensuite avant de laisser place aux années folles et à un concours d’obstacle.

Le second tableau nous plonge directement dans la libération de Paris à laquelle a participé le grand père du petit Gabriel. On ne traite pas de la défaite de 1940, mauvais souvenir à oublier.

Après une embuscade effectuée sur un véhicule semi-chenillé allemand Sdkfz 251 par des résistants français, les chars Sherman de la deuxième division blindée rentrent dans les faubourgs de Paris et les Espagnols républicains de la Nueve, accompagnés par les Français, poussent le général Dietrich von Choltitz à la reddition, malgré l’utilisation de chars français convertis et l’embuscade de chars Panthers dans les jardins parisiens.

C’est alors la liesse dans le Paris libéré et une alsacienne en tenue traditionnelle, ayant refusée de descendre de la jeep militaire sur laquelle elle se trouvait salue la foule.

Le spectacle du carrousel

Après deux heures de spectacle, un entracte s’impose, mais avant cela, le Carrousel nous offre une démonstration avec des parachutistes de l’armée qui sautent au-dessus du site du Chardonnet.

Côté animations, en dehors du spectacle, nous ne sommes pas en reste. L’entracte ne nous laisse pas le temps de souffler et un village du Carrousel, mis en place autour de la carrière du Chardonnet, nous propose diverses activités.

L’armée y expose notamment plusieurs stands, mais l’amusement reste le plus important du côté du fameux Mobile Gaming Truck « MGT 20 » du studio Wargaming où il est possible de se détendre autour d’une bonne partie de World of Tanks ou de World of Warships. Des lots sont même à gagner pour les plus adroits des tankistes, et si vous vous armez de patience, vous pouvez même tester une expérience de jeu en réalité virtuelle. Plutôt sympathique, tout ceci contribue à offrir vie et animation au spectacle du Carrousel, renforçant au passage toujours plus les liens entre Histoire et jeux vidéo !

Le spectacle du carrousel

Passé la Seconde Guerre mondiale, on se retrouve en pleine guerre froide avec une présentation dynamique de certains véhicules du Pacte de Varsovie dont un T-72, une Shilka anti-aérienne, un BMP1 ou encore un transport de troupe MT-LB.

Ces véhicules sont en fait utilisés dans le troisième tableau par l’armée irakienne contre la division française Daguet lors de la Guerre du Golfe de 1991. Equipés de chars AMX30-B2, de véhicules AMX 10-RC, d’obusiers AMX AUF1 ou encore de VAB Mephisto et d’AMX30 Roland antiaérien, l’armée française met en déroute les troupes irakiennes lors de cette démonstration.

Ce tableau ouvre alors vers une dernière démonstration simulant une plausible OPEX actuelle, comme celle menée au Mali et à laquelle participe le père de Gabriel.

Le musée des blindés  Le musée des blindés

Ce dernier tableau est alors clairement l’occasion pour l’armée de vendre son savoir-faire et de vanter les mérites de son matériel, comme le Char Leclerc dont les capacités sont largement mises en avant lors de cette démonstration.

On y aperçoit également d’autres équipements modernes comme les VBL ou les VBCI... Le spectacle se termine alors lorsque le petit Gabriel retrouve finalement son papa.

Le musée des blindés  Le musée des blindés

L’avis de Zog : Présentant des tableaux forts sympathiques et des véhicules en état de marche, le Carrousel est un spectacle unique en son genre. Ici, il est clairement question de la scénographie qui fait défaut aux deux musées. La mise en scène est réussie et nous offre un joli balayage, sélectif certes, de l’histoire de la cavalerie française lors des 100 dernières années. Petit regret toutefois de ne pas avoir pu voir le Tigre II rouler, même si cette expérience reste très sympathique et surtout unique.

Au final, ce week-end à Saumur constitue une agréable découverte. La ville souffre toutefois d’un grand défaut : sa localisation. Certes, en 2017 et en France, il n’est pas impossible de rejoindre Saumur, même depuis Strasbourg. Toutefois, le prix et le temps du trajet sont assez élevés. Si vous avez cependant l’occasion de vous y rendre, n’hésitez pas. Pour les fans de véhicules et d’histoire militaire, la ville vaut le coup !

Nous joignons aux images une vidéo résumant le spectacle, mais elle a été réalisée sans trépied et l'image manque donc de stabilisation par moment.

  • Zog Chroniqueur, Historien, Testeur, Youtubeur
  • « Une Europe fédérée est indispensable à la sécurité et à la paix du monde libre. » par Jean Monnet en 1952