Les annales de la compagnie wisigothique - Chapitre I

21 février 2015 par Aymdef | Total War | La compagnie wisigothique | PC

Avec la sortie de Total War : Attila, je vais vous proposer un récit un peu spécial. Mon objectif est de raconter ma campagne en cours d'une manière romancée en étant le plus proche possible de la réalité historique, tout en y incorporant des éléments de fiction : Les Annales de la compagnie wisigothique, une chronique nommée ainsi en hommage au romain de Glen Cook.

J'ai choisi pour cela la faction des Wisigoths et me suis donné pour objectif premier de m'installer dans la Narbonaise. J'essayerai de suivre les objectifs fixés par le jeu ainsi que le parcours historique des Wisigoths au cours de leur longue migration à travers l'Europe, depuis la Thrace. Lisez notre résumé sur les invasions barbares pour en savoir plus sur le sujet.

Si vous appréciez ce type de récit, n'hésitez pas à commenter !

Chapitre I

Notre histoire débuta au printemps de l'année 395. Notre commandant Alaric venait tout juste d'être couronné roi de notre peuple. J'avais été nommé annaliste de notre compagnie, dans le but de relater notre migration vers des terres où nous pourrions nous installer, les Romains ne voulant plus de nous.

Depuis la mort tragique de l'empereur Théodose Ier, l'Empire vivait ses heures les plus sombres alors que la menace planait à l'Est. Une tribu barbare y saccageait tout sur son passage. Ils se nommaient les Huns et leur origine nous était totalement inconnu. On disait d'eux qu'ils étaient engendrés par le mal. Les rumeurs à leur sujet n'étaient pas si éloignées de la vérité puisque c'est à cause d'eux que nous avions dû quitter nos terres quelques décennies auparavant. Nous avions trouvé refuge chez les Romains, encore accueillant à l'époque. En échange, nous devions protéger leur frontière contre cette menace de plus en plus persistante.

Cela se déroulait plutôt bien jusqu'à la mort de l'empereur. Son empire avait été divisé et nous avions hérité de cet imbécile d'Arcadius, dans la partie orientale. Celui-ci avait décidé de rompre le traité qui unissait nos deux peuples et nous ordonna de quitter son territoire. Nombreux furent nos camarades qui étaient tombés au combat pour défendre les Romains et voilà comment ils nous remerciaient... Nous devions leur faire payer cette trahison !

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L'heure du réveil

Alaric ordonna de scinder notre armée en deux compagnies, en répartissant équitablement la caravane de civils qui nous suivaient. Chacune des deux compagnies se composaient de 30 000 hommes avec en leur sein : des archers, des cavaliers, des piquiers, des guerriers goths et des onagres que nous avions empruntés aux Romains. Certains de mes camarades avaient combattu les Huns, mais de nombreux autres étaient de jeunes recrues, sans expérience, chargées la plupart du temps de protéger les enfants, les femmes et les vieillards. Ils étaient pour ainsi dire plusieurs centaines de milliers à nous suivre. Peu d'entre eux avaient souhaité rester auprès des Romains, craignant l'arrivée des Huns. À tout cela, il fallait également rajouter les moutons, notre manne qui nous permettait de survivre et nous vêtir.

Nous n'étions pas les seuls dans cette situation. C'était le cas également de nos frères ostrogoths. Plutôt que de nous suivre, les Ostrogoths avaient préféré prendre un autre chemin plus au nord. Afin de renforcer nos liens, Alaric avait tout de même proposé la main de sa fille, Rodelinda, à un des amis du roi Vithericus.

Alaric était à la tête de la Compagnie Noire dans laquelle j'œuvrai en tant qu'annaliste. Son frère d'adoption, Ataulf, dirigeait la seconde compagnie, modestement appelée l'Armée des Morts. Notre roi avait pris également la décision de nommer quatre compagnons parmi ses plus fidèles amis. Ataulf fait bien entendu partie d'eux, tout comme son frère de sang Wittiza, ainsi que ses amis d'enfance Sigeric et Wallia. Ensemble, ils espéraient maintenir la cohésion des deux armées. C'est pourquoi, ils décidèrent d'attaquer le plus tôt et le plus rapidement possible les Romains, là où ils ne s'y attendaient pas.

Alaric choisit d'attaquer Thessaloniké, la grande cité de la région macédonienne. Notre espion Wulfila fut envoyé dans le nord pour nous prévenir de toute menace. Selon les rapports de nos éclaireurs, aucune armée romaine ne se trouvait dans les parrages, la cité fortifiée semblait facilement prenable, défendue seulement par une petite garnison et une muraille pas bien épaisse, .

Sans plus attendre, nos deux compagnies se lancèrent à l'assaut de la cité. Notre roi avait décidé de ne pas poser de siège afin de profiter de l'effet de surprise. Nous avions des onagres à notre disposition si jamais nous devions faire tomber les murailles.

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Un assaut manqué mais victorieux

Les dieux étaient avec nous, le brouillard ne s'était pas levé lorsque nous avons débuté l'assaut. Malgré tout, nos onagres avaient fait du bon boulot en détruisant la porte principale. Les artilleurs mirent ensuite le feu au boulet et les envoyèrent sur les maisons. Le brouillard étant toujours persistant, ils ne savaient vraiment pas où viser mais nous aperçûmes des lueurs au loin, signe sans doute qu'un incendie s'était déclaré. Alaric savait que les hommes craignaient le feu surtout quand c'étaient des Romains.

Nos archers avancèrent pour éliminer nos ennemis présents sur les murailles. En retour, ils reçurent des flèches enflammées provenant des tours qui gardaient la porte principale. Pendant ce temps, quelques troupes romaines avaient tenté de nous prendre par surprise en sortant depuis une autre porte. Deux unités de guerriers suffirent pour les anéantir après leur avoir tendu une embuscade en se cachant dans la forêt.

Nos onagres manquaient de caillasse à balancer et nous ne pûmes détruire ces tours. Malgré tout, Alaric ordonna à nos piquiers de pénétrer dans la cité par la porte que nous venions de défoncer pour prendre ces tours. Malheureusement, nos ennemis nous avaient tendu un piège. Trois cohortes romaines nous attendaient derrière la porte détruite. Nos piquiers ne pouvaient rien faire face à ces soldats mieux organisés et mieux préparés. Les nôtres n'étaient que des pauvres gars que nous venions d'enrôler pour mener la bataille. Nos groupes de guerriers sont allés remplacer nos piquiers qui commençaient à fuir le champ de bataille. Ce coup-ci, nos forces plus expérimentées tinrent le choc et repoussèrent les Romains jusqu'à ce qu'ils aient fui à leur tour. Les tours étaient prises et il ne restait plus qu'à prendre la ville.

La cité était nôtre mais Alaric décida de ne pas l'occuper. Bien au contraire, il libéra le peuple qui était alors sous le joug des Romains et leur rendirent la cité. Ce peuple se nommait les Macédoniens. Autrefois, prétendaient-ils, le monde leur appartenait grâce à la volonté d'un seul homme, un certain Alexandre. Modeste comme il était, il se fit surnommé le Grand.

La Compagnie Noire fut amoindrie lors de l'assaut et Alaric dû se résoudre à établir le campement près de la cité libérée, le temps de retrouver des forces. Il en profita pour construire des tentes de luxe afin d'y rassembler l'élite des guerriers ainsi que leur famille. Malgré ma fonction au sein de la compagnie, ces tentes ne m'étaient pas adressées... Ataulf se tourna plutôt vers l'artisanat en établissant une petite industrie au sein de sa caravane dans le but, disait-il, de profiter de la vente du savoir-faire wisigothique.

Trois saisons s'écoulèrent avant d'entamer notre marche vers le sud. Et aucune armée romaine était encore à l'horizon...

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  • Aymdef El Présidente, Rédacteur en chef, Testeur, Chroniqueur, Historien Email | Twitter

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