47 Ronin

El Presidente
Thématique
Vendetta d'Ako
8 août
2014
Info sur le film
Titre original47 Ronin
Durée118 min
GenreAction, arts martiaux, fantastique
RéalisateurCarl Erik Rinsch
Sortie2 avril 2014
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47 Ronin est un film d'action qui reprend un épisode historique, avec des ajouts fantasques pour plaire au public occidental, celui de la vendetta d'Ako. Très célèbre au Japon, cet épisode était alors inconnu en Occident et le restera encore longtemps...

Qualifié de désastre financier par de nombreux observateurs, 47 Ronin est un film à gros budget avec une production estimée à plus 175 millions de dollars. Les raisons sont nombreuses pour comprendre un tel échec.

UNE HISTOIRE JAPONAISE RACONTÉE PAR UN AMÉRICAIN

Les studios Universal pensaient bien faire en confiant la réalisation du film à Carl Erik Rinsch, un illustre inconnu, réalisateur de pub et d'un court-métrage. Ce dernier voulait pourtant réaliser un véritable film japonais mettant l'accent sur les arts martiaux, mais Universal en a décidé autrement et nous nous retrouvons ainsi devant un film mêlant vérité historique et fantastique, le tout saupoudré d'une 3D inutile. Encore heureux qu'il y ait des acteurs japonais pour incarner des personnages japonais.

L'histoire de cet épisode historique est simple et aurait pu être comprise par n'importe quel individu. Elle a pourtant subi des modifications. Tout commence dans la province d'Akō par une scène assez spectaculaire - il faut bien le reconnaître - de chasse à la Chimère, histoire de rajouter une grosse bébête au film et de justifier son coût en effets spéciaux. Cette scène sert à introduire les personnages principaux du film, comme le daimyo Naganori Asano (Min Tanaka), ses 47 samouraïs dont Oishi Kuranosuke (Hiroyuki Sanada, vu récemment dans la série Helix), ainsi que le valeureux Kaï, interprété par l'impassible Keanu Reeves.

Ce dernier est un sang-mêlé, élevé durant son enfance par des Tengu, des démons obscurs, qui lui ont enseigné l'art de tuer. Ayant fui les Tengu, il a trouvé refuge chez le daimyo Naganori Asano. Du fait de ses origines obscures, les gens ne l'apprécient pas vraiment, hormis une femme : la fille du daimyo, Mika (Kô Shibasaki). Il fallait aussi rajouter une romance...

Après cette chasse, le daimyo Naganori Asano doit inviter le shogun Tsunayoshi Tokugawa (Cary-Hiroyuki Tagawa) et le daimyo de la région voisine Yoshinaka Kira (Tadanobu Asano), pour une fête dont seuls les Japonais ont le secret. Malheureusement pour Asano, la fête ne se déroule pas comme prévu et - on passe les détails non historiques - il est accusé d'avoir attenté à la vie du daimyo Kira. En réalité, c'est Kira par l'intermédiaire de la sorcière Mizuki (Rinko Kikuchi), qui a poussé Asano à le tuer. Le shogun, apprenant la nouvelle, ordonne à Asano de se faire seppuku, ce qu'il fit. Kira obtint ce qu'il voulait depuis le début, c'est-à-dire la région d'Akō et la main de Mika. Les samouraïs d'Asano sont bannis et interdis de se venger sous peine de mort par le shogun. Ils devinrent alors des ronins et ils vont quand même préparer leur vengeance...

UN FILM PAS MAUVAIS, MAIS TRÈS BANAL

47 Ronin n'est pas un mauvais film en soi, mais il n'y a vraiment rien de transcendant, rien de nouveau. C'est du déjà vu, un film beaucoup trop banal pour rester dans les mémoires. Les acteurs, Keanu Reeves en tête, ne semblent pas très motivés et n'influent pas beaucoup de prestance à leur personnage, hormis peut-être la sorcière Mizuki, assez badass.

Cela manque de charisme et de forte tête. On a du mal à s'attacher aux personnages. Pourtant, avec un titre pareil, on était en droit de s'attendre à voir ses guerriers être mis en avant. Mais c'est plutôt Keanu Reeves qui l'est et Keanu Reeves nous fait du Keanu Reeves qui nous fait du Néo, c'est-à-dire qu'il reste impassible dans toutes les situations.

Par ailleurs, la promo autour de ce film semble avoir été très mal menée. À regarder le trailer, on pouvait s'attendre à du grand spectacle, à de magnifiques paysages, à de belles bastons au katana. Au final, quand on a vu le trailer, on a vu tout ce qu'il y avait d'intéressant dans le film. Les plans de paysages sont très peu présents, les bastons ne sont pas marquantes et aucunement jouissives, il y a largement mieux dans le genre. Reste les costumes et les armures qui ont de la gueule. Et on se demande si tout le budget effets spéciaux n'a pas été réservé pour la scène de la chasse à la Chimère. En réalité, le budget a été en grande partie destiné à la 3D qui n'apporte rien, comme c'est souvent le cas...

Il y a aussi un personnage intriguant que l'on voit beaucoup sur les trailers et sur les affiches ; une affiche lui est même entièrement dédiée. Ce personnage est Rick Genest aka Zombie Boy, le Canadien qui s'est fait tatouer de la tête aux pieds. Eh bien, alors que l'on s'attendait à le voir tenir un rôle secondaire plus ou moins important, Zombie Boy n'apparaît en réalité que 30 petites secondes...

VERDICT

47 Ronin était un pari risqué. Un film sur une histoire japonaise fait par des Américains pour les Américains, dans un genre de niche que l'on a souhaité rendre mainstream. Une déception, tant l'histoire réelle était intéressante, mais à force d'ajouts d'éléments fantastiques, la légende perd son charme. Reste la fin du film très loin des standards occidentaux où tout se finit bien et ils eurent beaucoup d'enfants. Non, ici, ça se finit bien, mais ils ne pourront pas avoir beaucoup d'enfants, les samouraïs ayant désobéi au shogun...

  • Aymdef El Présidente, Rédacteur en chef, Testeur, Chroniqueur, Historien Email | Twitter
  • "L'objet de la guerre n'est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d'en face meure pour le sien." George S. Patton