300 : la naissance d'un empire

Fantômas
Thématique
15 avril
2014
Info sur le film
Titre original300: Rise of an Empire
Durée102 min
GenrePéplum
RéalisateurNoam Murro
Sortie5 mars 2014
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Si un jour vous entendez parler de spartiates, il est quasiment certain que le chiffre 300 vous traversera l'esprit. Il faut dire que le premier film avait connu un certain succès, retranscrivant l'atmosphère sombre et sanglante du roman graphique éponyme.

Pour celles et ceux qui l'ignoreraient encore, 300 premier du nom nous contait la résistance héroïque des Spartiates dans le défilé des Thermopyles en 480 av. J.-C., face aux hordes médiques. Un choc des titans qui se solda par la mort des Spartiates, qui n'emmenèrent pas moins pléthore d'ennemis dans l'au-delà.

Ce deuxième volet, 300 : la naissance d'un empire, met quant à lui en scène l'avant, le pendant et l'après bataille des Thermopyles, commençant par la bataille de Marathon une décennie auparavant pour se terminer avec celle de Salamine. Cette fois-ci, Zack Snyder délaisse la réalisation aux mains de Noam Murro et se réserve le scénario. Alors, 302 suite utile à 300 ou simple atout commercial ? Suivez le guide...

300, 301, 302...

Pour faire court, l'histoire de 300 : la naissance d'un empire tourne autour du personnage de Thémistocle, général athénien cherchant à unir les différentes cités grecques face aux Perses. En effet, après la mort de leur roi Darius 1er, à Marathon, ces derniers revinrent en force sous les ordres de son fils Xerxès. Dans leur ligne de mire : la Grèce. Face à eux, les cités cherchent à s'unir, plus ou moins efficacement. Les Spartiates tentent d'arrêter les Perses aux Thermopyles, avec les conséquences que nous connaissons. Athènes et d'autres cités quant à elles, cherchent leur salut sur la mer. Les batailles de ce film sont donc essentiellement tournées sur des batailles navales.

Rien d'original, on s'attend néanmoins à une suite digne au premier film, mais le casting ne joue pas tellement en sa faveur, Rodrigo Santoro toujours en Xerxès, roi de pacotille plaqué-or, Sullivan Stapleton en Thémistocle fade, qui laisse un peu pantois lorsque l'on se souvient de Gerard Butler ou encore la belle Eva Green, en Artémise, commandant(e) de la flotte perse (le seul avantage du film, Le_Moine ne pourra qu'acquiescer). L'atmosphère est toujours sombre, le scénario toujours autant bâclé (faut pas oublier qu'on vient avant tout pour l'action, donc ce point n'est pas primordial), les répliques toujours aussi bourrines et les combattants grecs toujours aussi courts vêtus.

IL ÉTAIT UN PETIT NAVIRE...

L'intérêt du film est donc son concentré d'action. Là où le premier nous proposait son lot de scènes gores, au ralenti, un rendu graphique travaillé, on se retrouve face à un changement assez radical. En effet, passant des combats terrestres à ceux sur mer, le film tente de retranscrire les batailles navales antiques. Le problème, c'est qu'on tombe vite sur la répétition et on commence à s'ennuyer ferme. De même un changement important m'a déboussolé particulièrement tout au long du film : le rendu du sang. Celui-ci fait tellement non réaliste. L'intérêt du premier volet était justement cette violence gratuite, ce raz-de-marée de sang, plutôt bien réussi. Là, on a du mal à se laisser transporter tellement le traitement est « irréaliste », saute aux yeux. De même, on assiste à la transformation de Xerxès en « surhomme ». Le problème, c'est que la scène est tellement ridicule qu'on en rigole plus qu'autre chose.

Enfin, côté historique, il ne faut pas s'attendre à des miracles. Le film prend ses aises, joue avec les faits décrits dans les textes d'Hérodote bien que la fin soit prévisible. Bien qu'ayant participé à Marathon, Thémistocle n'est pas le seul responsable de ce succès, la stratégie adoptée ayant été décidée par un groupe de stratèges et non par sa seule personne, Darius n'y est d'ailleurs pas mort. De même, lors de la bataille de Salamine, Gorgô n'est pas mentionnée dans les textes à la tête de la flotte spartiate. Enfin, le rendu même de cette bataille est inexacte, La flotte perse ayant été vaincue en raison de sa difficulté à manœuvrer et non pas parce qu'elle fut prise en tenaille après l'assaut suicidaire des Athéniens et de leurs alliés avant l'arrivée de leurs renforts comme la fin nous le fait voir.

Aller voir 300 : la naissance d'un empire, c'est avant tout aller voir un divertissement sans attendre quelque chose de transcendant. Le film est donc visionable de bout en bout mais est bien en deçà de 300, qui lui-même n'était pas extraordinaire. Le film se concentre avant tout sur la bataille de Salamine en cherchant à souligner l'importance de l'union dans l'adversité. Sans aucune véracité historique, le film se montre bien loin de son prédécesseur mais n'en reste pas moins un divertissement potable.

  • Lyrik Le Vétéran, Testeur, Historien
  • "I'm ashamed of you, dodging that way. They couldn't hit an elephant at this distance" Major général John Sedgwick avant d'être mortellement frappé par une balle sudiste...